Ménopause : que savaient nos anciennes pour accompagner ce passage de la vie des femmes ?
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J’ai 43 ans.
Et ces derniers temps, je sens que quelque chose change dans mon corps.
Je transpire plus qu’avant.
Beaucoup plus qu’avant, même.
Mon corps ne réagit plus tout à fait de la même manière et, soyons honnêtes, mes hormones semblent parfois avoir décidé d’organiser leur propre révolution sans vraiment me demander mon avis.
Elles tracent leur chemin.
Je vais vous faire une confidence.
Je crois que je ne me suis jamais sentie aussi peu sexy et aussi peu désirable qu’en ce moment.
Parfois, je me dis même :
Heureusement que je suis célibataire !
Je le dis avec l’humour qui me caractérise, évidemment.
Mais derrière cette phrase se cache quelque chose de beaucoup plus intime.
La sensation d’un corps qui change.
D’un corps que l’on reconnaît parfois moins.
D’une féminité que l’on doit peut-être apprendre à habiter autrement.
Depuis quelque temps déjà, je pense à écrire sur la péri-ménopause et la ménopause.
Parce que je ressens moi-même certains changements.
Parce que ma vie de femme est, je dois l’avouer, un peu bousculée par tout cela.
Et parce qu’une question revient souvent dans mon travail autour de la mémoire et de la médecine de nos anciennes :
Comment les femmes avant nous vivaient-elles ce passage ?
Comme le hasard n’existe pas du moins, j’aime à le croire, hier, je suis tombée sur une publication de Zaineb, une sœur instagramique, qui demandait justement quels étaient les remèdes de nos anciennes pour accompagner la ménopause.
Il n’en fallait pas davantage.
Me voici donc partie exposer mes petites recherches.
Dans les études ethno-botaniques.
Dans les pharmacopées populaires.
Dans les plantes.
Dans les gestes.
Dans les connaissances transmises entre femmes.
Avec mes 43 ans, mes hormones rebelles, mes nouvelles transpirations dont je me serais volontiers passée… et cette question :
Que savaient nos grands-mères que nous avons peut-être oublié ?
D’abord, qu’est-ce qui m’arrive ?
À 43 ans, les symptômes que je ressens peuvent correspondre à la péri-ménopause, cette période de transition qui précède la ménopause.
La ménopause, médicalement parlant, correspond au moment où une femme n’a plus eu ses règles pendant douze mois consécutifs.
Elle survient généralement entre 45 et 55 ans, mais les premiers signes de la péri-ménopause peuvent apparaître plusieurs années auparavant.
Les règles peuvent devenir plus rapprochées ou plus espacées, plus abondantes ou plus légères.
Puis viennent parfois les fameuses bouffées de chaleur.
Les sueurs nocturnes.
Le sommeil qui devient plus fragile.
Les réveils nocturnes.
La fatigue qui s’accumule.
L’irritabilité.
Les changements d’humeur.
Et ce fameux « brouillard mental », cette impression étrange que la mémoire ou la concentration commencent parfois à nous jouer quelques tours.
Le corps peut lui aussi se transformer.
Une prise de poids peut apparaître, notamment autour du ventre et du haut du corps.
La peau peut devenir plus sèche.
Les cheveux plus fins.
Des douleurs musculaires ou articulaires peuvent se manifester.
Notre intimité peut elle aussi être touchée.
La baisse hormonale peut entraîner une sécheresse ou une sensibilité vaginale, parfois des douleurs pendant les rapports sexuels, ainsi qu’une modification ou une diminution du désir.
Certaines femmes peuvent également rencontrer davantage de troubles urinaires ou ressentir le besoin d’uriner plus fréquemment.
À plus long terme, les changements hormonaux peuvent également avoir une incidence sur la santé des os.
Et comme si notre corps n’avait pas encore suffisamment de choses à nous raconter, peuvent aussi apparaître des maux de tête, des migraines, des palpitations, des démangeaisons de la peau ou encore certains changements au niveau des dents et des gencives.
La liste peut sembler longue et quelque peu réjouissante, n’est-ce pas ?
Mais toutes les femmes ne ressentent évidemment pas tous ces symptômes, ni avec la même intensité.
La péri-ménopause et la ménopause ne se vivent pas de la même manière pour toutes.
Certaines femmes traversent cette transition avec très peu de symptômes.
Pour d’autres, les bouleversements sont beaucoup plus présents et peuvent venir perturber le quotidien, le sommeil, le travail, les relations, la vie intime et parfois même la manière dont on perçoit son propre corps.
Et je crois que c’est important de le dire :
Nous ne devenons pas toutes soudainement la même femme sous prétexte que nos hormones changent.
Nos histoires sont différentes.
Nos corps sont différents.
Nos environnements sont différents.
Nos cultures aussi.
Alors une question m’est venue.
Si nos corps ne vivent pas tous la ménopause de la même manière, nos cultures ont-elles, elles aussi, développé différentes façons de l’accompagner ?
Et en Afrique du Nord, que faisaient les femmes avant nous lorsque leur corps commençait à changer ?
C’est ici que commence véritablement ma recherche sur la médecine de nos anciennes.
Imaginez une femme, quelque part en Afrique du Nord, il y a longtemps…
Son corps commence à changer.
Ses règles deviennent irrégulières.
Des chaleurs inhabituelles apparaissent.
Elle transpire davantage.
Ses nuits deviennent parfois plus agitées.
Son sommeil plus fragile.
Elle ressent peut-être davantage de fatigue ou de nervosité.
Mais autour d’elle, il y a les femmes.
Une mère.
Une grand-mère.
Une tante.
Une voisine.
Une femme connue pour sa connaissance des plantes.
Une femme qui sait reconnaître une feuille, préparer une infusion, chauffer une huile, masser un corps ou transmettre une préparation qu’elle-même a apprise d’une autre femme avant elle.
Cette image n’est pas seulement romantique.
Les recherches ethnobotanique contemporaines menées en Afrique du Nord montrent l’importance des femmes dans la conservation et la transmission des connaissances liées aux plantes médicinales.
Les femmes, gardiennes de la médecine de nos anciennes
Une étude menée récemment auprès de 39 guérisseuses traditionnelles des régions de Béchar et de Béni Abbès, dans le Sahara algérien, a permis de documenter toute la richesse des connaissances médicinales encore détenues par ces femmes.
Les chercheurs ont recensé 776 usages traditionnels concernant 95 plantes médicinales appartenant à 40 familles botaniques différentes.
L’armoise blanche, Artemisia herba-alba, figurait parmi les plantes les plus fréquemment citées.
Un autre élément m’a particulièrement interpellée : environ un quart des femmes interrogées expliquaient avoir recours à la médecine moderne principalement pour obtenir un diagnostic, avant de s’appuyer ensuite sur certains remèdes traditionnels pour accompagner leurs troubles.
L’étude évoque également les Douaya, des femmes pratiquant la médecine traditionnelle de manière régulière ou professionnelle et qui rapportaient davantage à d’usages médicinaux des plantes que les praticiennes plus occasionnelles.
Ces recherches viennent mettre des mots et des chiffres sur quelque chose que nous savons peut-être intuitivement depuis longtemps :
Les femmes ont été et sont encore parmi les grandes gardiennes de la mémoire médicinale de nos territoires.
Une plante reconnue dans la montagne ou dans le désert.
Une infusion préparée dans une cuisine.
Une huile.
Un massage.
Une recette murmurée à une fille ou à une petite-fille.
Des gestes répétés pendant des générations.
Les savoirs circulent.
Une plante.
Une préparation.
Une parole.
« Ma mère faisait comme cela… »
« Ma grand-mère utilisait cette plante… »
« Essaie ceci… »
« Repose-toi… »
Et peut-être est-ce ainsi qu’une grande partie de cette médecine a voyagé.
De femme en femme.
Mais aujourd’hui, une question urgente se pose :
Que restera-t-il de ces savoirs lorsque les dernières femmes qui les détiennent ne seront plus là pour nous les transmettre ?
C’est aussi pour cela que je cherche.
Que je questionne.
Que j’écris.
Et que je recueille les histoires de nos anciennes.
Non pas pour opposer la médecine traditionnelle à la médecine moderne.
Mais pour documenter.
Comprendre.
Préserver.
Et parmi tous ces savoirs, une question m’intéresse particulièrement aujourd’hui :
Que connaissaient ces femmes pour accompagner celles dont le corps entrait dans le temps de la ménopause ?
La sauge, Salmia
Parmi les plantes qui reviennent lorsque l’on s’intéresse aujourd’hui à la ménopause, il y a la sauge, Salvia officinalis, que beaucoup connaissent en Afrique du Nord sous le nom de salmia.
Son utilisation ne relève pas uniquement de la mémoire populaire.
Des recherches contemporaines se sont intéressées à certains extraits de sauge pour leur action potentielle sur des symptômes de la ménopause, notamment les bouffées de chaleur et les sueurs.
Cela devient particulièrement intéressant lorsque l’on pense à la place qu’occupe déjà la sauge dans les usages traditionnels de nos régions.
Mais je tiens à faire une distinction importante.
Une plante utilisée traditionnellement et un traitement dont l’efficacité médicale est définitivement établie ne sont pas exactement la même chose.
La médecine de nos anciennes mérite d’être étudiée avec respect.
Et le respect, pour moi, signifie aussi ne pas lui faire dire ce que nous ne savons pas encore.
Et le 3arq souss, la réglisse ?
On retrouve également la réglisse, 3arq souss, dans différentes pharmacopées traditionnelles.
Mais ici, la prudence est importante.
La réglisse contenant de la glycyrrhizine peut provoquer des effets indésirables lorsqu’elle est consommée en quantité importante ou pendant une longue période, notamment chez certaines personnes souffrant d’hypertension ou de problèmes cardiaques ou rénaux.
Je ne la présenterais donc pas comme une simple tisane anodine à boire quotidiennement contre les symptômes de la ménopause.
Et cela nous rappelle quelque chose d’essentiel :
naturel ne veut pas dire sans danger.
Nos anciennes le savaient probablement mieux que nous ne l’imaginons.
Une plante n’était pas simplement « bonne » ou « mauvaise ».
Il fallait savoir laquelle utiliser.
Pour qui.
Comment.
À quelle quantité.
Et à quel moment.
Peut-être avons-nous aussi besoin de retrouver cette intelligence-là.
Lavande, menthe sauvage, zaârour… prendre soin du corps qui change
Il existe ensuite tout un univers de plantes aromatiques qui appartiennent aux pratiques de bien-être et aux pharmacopées familiales de nos régions.
La lavande.
La menthe sauvage.
Le zaârour, l’aubépine.
Non pas comme des remèdes miracles qui feraient disparaître les bouleversements de la péri-ménopause.
Mais comme des plantes qui peuvent trouver leur place dans une approche plus large du soin, de la détente et du rapport au corps.
La lavande est certainement l’une de celles qui m’intéressent le plus.
Son parfum est traditionnellement associé à la détente et à l’apaisement.
Je pense alors aux massages.
À une huile végétale délicatement parfumée à la lavande.
Aux mains qui massent les épaules.
La nuque.
Les jambes fatiguées.
Le ventre.
À ces quelques minutes où l’on revient simplement à son corps.
Le massage ne soigne évidemment pas les bouleversements hormonaux à l’origine de la périménopause.
Mais il peut offrir quelque chose dont nous avons parfois profondément besoin pendant cette période :
Un moment de détente, de relâchement et de reconnexion avec ce corps qui change.
Et peut-être est-ce aussi une manière de se réapproprier sa sensualité.
De toucher son corps autrement que pour chercher ce qui a changé.
De lui redonner de l’attention.
De la douceur.
Du plaisir.
Et puis il y a la menthe sauvage, avec son parfum frais et puissant.
Les menthes occupent depuis longtemps une place dans les usages domestiques et les pharmacopées populaires d’Afrique du Nord, notamment comme plantes aromatiques et pour le confort digestif.
Elles appartiennent, à mes yeux, à cette pharmacopée familiale du quotidien dont nous devons encore documenter les usages précis.
Comment nos grands-mères les utilisaient-elles ?
Dans quelles préparations ?
À quel moment ?
Et que leur avaient transmis les femmes venues avant elles ?
Le zaârour, ou aubépine, appartient lui aussi à cet univers de plantes connues dans différentes traditions médicinales.
L’aubépine est notamment étudiée pour ses effets potentiels sur le système cardiovasculaire, tandis que certaines préparations traditionnelles sont associées à l’apaisement.
Cela peut sembler particulièrement intéressant à une période où certaines femmes ressentent davantage de nervosité ou perçoivent plus fortement leurs palpitations.
Mais là encore, la prudence est nécessaire.
Des palpitations ne doivent pas automatiquement être attribuées aux hormones et l’aubépine peut interagir avec certains médicaments, notamment certains traitements cardiovasculaires.
Je préfère donc la considérer comme une plante de notre matrimoine médicinal, à connaître, à documenter et à étudier, plutôt que comme un remède que l’on pourrait conseiller indistinctement à toutes les femmes.
Car préserver la médecine de nos anciennes, c’est aussi retrouver quelque chose d’essentiel :
La connaissance de la plante, de la personne à qui elle est destinée, de la manière dont on la prépare et du moment où on l’utilise.
Et puis, il y a le hammam…
Je pense souvent au hammam lorsque je réfléchis à la médecine de nos anciennes.
Non pas parce que j’ai trouvé la preuve de l’existence d’un « rituel du hammam de la ménopause ».
Mais parce que le hammam réunit plusieurs choses dont une femme peut avoir besoin lorsqu’elle traverse une période de transformation.
La chaleur.
L’eau.
Le soin du corps.
Le repos.
Le massage.
Et surtout…
La présence des autres femmes.
Le hammam nous oblige, quelque part, à ralentir.
Prendre le temps de laver son corps.
D’exfolier sa peau.
De la masser.
De s’en occuper.
La chaleur et la vapeur peuvent apporter une sensation de détente et contribuer à relâcher certaines tensions musculaires.
Pour une femme qui traverse une période de transformations corporelles, de stress, de fatigue ou de tensions musculaires et articulaires, ce moment peut devenir un véritable rituel de bien-être.
Mais la chaleur intense ne convient pas nécessairement à toutes.
Lorsqu’une femme souffre de bouffées de chaleur importantes, de sueurs abondantes, de vertiges ou de palpitations, elle peut au contraire accentuer momentanément son inconfort.
Il faut alors écouter son corps.
Éviter les températures excessives.
S’hydrater suffisamment.
Sortir lorsque le corps le demande.
Le hammam n’est donc pas un traitement de la ménopause.
Il peut être autre chose.
Un espace de soin.
Un espace de ralentissement.
Un espace où l’on revient habiter son corps.
Et historiquement, un espace de sociabilité féminine.
Des corps jeunes.
Des corps enceints.
Des corps ayant enfanté.
Des ventres.
Des cicatrices.
Des seins qui tombent.
Des cheveux blancs.
Des corps vieillissants.
Des corps vivants.
On entre dans la chaleur.
La vapeur enveloppe la peau.
On se lave.
On frotte.
On masse.
On prend soin de soi.
On s’assoit.
Et surtout…
On parle.
Alors, lorsque je pense à une femme traversant les transformations de la ménopause dans ces espaces féminins, je me demande :
Quelles conversations avaient lieu entre ces murs ?
Qu’est-ce qu’une femme de cinquante ans disait à celle de quarante ?
Que racontait une grand-mère à sa fille ?
Quels conseils circulaient entre les salles chaudes du hammam, les huiles, les plantes aromatiques et le savon ?
Peut-être que le hammam accompagnait les femmes non pas parce qu’il existait un « hammam de la ménopause », mais simplement parce qu’il existait encore des lieux où les générations de femmes se rencontraient.
Des lieux où une femme pouvait observer le corps des femmes plus âgées et comprendre que le sien, lui aussi, allait changer.
Des lieux où vieillir ne se vivait pas uniquement face à son miroir.
Voilà le matrimoine invisible qui m’intéresse.
Celui des plantes et des préparations, bien sûr.
Mais aussi celui du toucher.
Du soin.
De la chaleur.
De la parole.
Et de ces espaces où les femmes pouvaient prendre soin les unes des autres.
Dans certaines traditions, on retrouve également des bains de plantes ou des fumigations aromatiques.
Des gestes simples.
Des gestes de soin.
Des gestes de détente.
Des gestes qui ne font pas disparaître la ménopause, mais qui peuvent accompagner le corps, le repos et le besoin de ralentir.
Et surtout, des gestes qui se transmettent.
Où est le rite de la ménopause ?
Et puis une autre question s’est imposée à moi pendant mes recherches.
Nous avons tant de rites autour du corps féminin.
La naissance.
Les premières règles.
Le mariage.
La grossesse.
L’accouchement.
Les quarante jours qui suivent la naissance.
Mais lorsqu’une femme arrive au terme de sa vie reproductive…
Où est le rite ?
Où est le geste collectif qui lui dit :
Tu n’es pas en train de disparaître.
Tu n’es pas en train de perdre ta féminité.
Tu es en train d’entrer dans un autre âge de ta vie.
J’ai cherché.
Et pour l’instant, je n’ai pas trouvé de source ethnographique suffisamment solide permettant d’affirmer l’existence, à travers toute l’Afrique du Nord, d’un rite spécifiquement consacré à la ménopause.
Peut-être certaines traditions locales ou familiales ont-elles existé sans avoir été documentées.
Peut-être avons-nous perdu des fragments de cette mémoire.
Ou peut-être notre manière de considérer ce passage était-elle simplement différente.
Cette absence de traces me questionne.
Et elle me donne encore davantage envie d’interroger les femmes âgées.
Car la mémoire ne se trouve pas seulement dans les bibliothèques.
Elle se trouve parfois dans la cuisine d’une grand-mère.
Dans les gestes d’une tante.
Dans les souvenirs d’une femme qui dit :
« Chez nous, on faisait comme ça. »
Et si le premier remède était de ne pas être seule ?
Aujourd’hui, nous savons aussi combien l’activité physique, le sommeil, une alimentation équilibrée et le soutien social peuvent participer au bien-être des femmes pendant cette transition.
Et cela me touche.
Parce qu’au fond, malgré toutes nos avancées, nous revenons peut-être à quelque chose que les femmes ont toujours su.
Une femme ne devrait pas traverser seule les grandes transformations de son corps.
Et peut-être que la première médecine de nos anciennes était aussi celle-là.
La présence.
Une femme auprès d’une autre.
Une parole.
Une écoute.
Une main posée sur une épaule.
Une plante préparée avec attention.
Un massage.
Un moment de repos.
Une transmission.
À 43 ans, je me pose alors une nouvelle question…
Et si je cessais de considérer mon corps comme un corps qui commence à me trahir ?
Et si ces transpirations, ces bouleversements et ces hormones rebelles étaient aussi les signes d’un passage ?
Je ne vais pas vous mentir.
Pour l’instant, je ne me sens pas encore particulièrement sage.
Je me sens surtout…
en sueur.
Mais peut-être que la sagesse viendra après.
Aujourd’hui, j’ai surtout envie d’ouvrir cette conversation.
Parce que ce texte n’est que le début d’une enquête.
Une enquête sur nos corps.
Sur nos mères.
Sur nos grands-mères.
Sur les plantes.
Sur les hammams.
Sur les gestes dont nous avons hérité.
Et sur ceux que nous avons oubliés.
Alors j’aimerais vous demander :
Que faisait-on chez vous ?
Que vous a transmis votre mère ?
Votre grand-mère ?
Votre tante ?
Connaissez-vous une plante que les femmes utilisaient lorsqu’elles arrivaient à cet âge ?
Un massage ?
Un bain ?
Une fumigation ?
Une préparation ?
Une alimentation particulière ?
Une parole ?
Un interdit ?
Un geste ?
Un rite ?
Je veux vous lire.
Je veux recueillir vos histoires.
Que vous veniez d’Algérie, du Maroc, de Tunisie, de Libye, d’Égypte, des communautés amazighes d’Afrique du Nord ou de la diaspora.
Parce que quelque part, dans nos familles, il reste certainement des fragments de cette mémoire.
Et peut-être qu’en les rassemblant, nous pourrons commencer à répondre ensemble à cette question :
Que savaient nos grands-mères pour accompagner les transformations du corps féminin ?
Et surtout…
Que reste-t-il aujourd’hui de la médecine de nos anciennes ?
Cet article explore mon expérience personnelle ainsi que des savoirs populaires et des pratiques traditionnelles dans une démarche de recherche et de transmission.
Il ne constitue pas un conseil médical. Les symptômes associés à la périménopause peuvent avoir différentes causes.
En cas de modification importante du cycle menstruel, de symptômes inhabituels ou de symptômes difficiles à vivre, il est recommandé d’en parler avec un professionnel de santé. Les plantes médicinales peuvent également présenter des contre-indications et interagir avec certains traitements.